Les grandes épidémies au cours de l'histoire

 

La grippe Espagnole :

 
 

On n'a qu'à se rappeler la grippe espagnole de 1918-19 pour comprendre que le virus de l'influenza, qui n'ameute pourtant personne, peut s'avérer beaucoup plus dangereux que le fameux coronavirus scruté à la loupe ces jours-ci par les autorités médicales du monde entier.

 

En comparaison, la grippe espagnole, causée par une souche mutante et particulièrement féroce du virus de l'influenza, a fauché en deux ans entre 25 et 40 millions de personnes, selon les historiens. Elle est considérée comme l'une, sinon la plus grande épidémie ayant frappé l'humanité à ce jour.

 

En deux ans, le virus a gagné la planète et rendu malades un milliard de personnes, dont 28 % de la population américaine. Fait important : cette grippe faisait autant de victimes chez les jeunes que les vieillards, tuant sans distinction d'âge ou de race, tant chez les riches que chez les pauvres. Elle a emporté les poètes Guillaume Apollinaire et Edmond Rostand ainsi que les peintres Egon Schiele et Gustav Klimt.

 

Aux États-Unis, les ravages causés par la fameuse grippe espagnole ont fait plonger, au début du siècle, l'espérance de vie de 59 à 35 ans chez les hommes. Au Québec, aussi, on ne comptait plus les morts. Écoles, cinémas et messes ont vu leurs activités interrompues. Certains villages inuits du Grand Nord ont presque été éradiqués de la carte. En fait, l'influenza de 1918 a tué trois fois plus de personnes que la Grande Guerre elle-même. « Il n'y a pas de doute que le virus du SRAS est moins contagieux que l'influenza, et certainement moins que la souche qui a été à l'origine de la grippe espagnole. Si ç'avait été le cas, avec les moyens de transport dont on dispose aujourd'hui, la planète entière aurait été touchée en quelques semaines », insiste le Dr Marc Laverdière, infectiologue et microbiologiste au département de microbiologie de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont.

 

La Peste Noire à Marseille :

 
 

Durant les derniers mois de l’année, Marseille est victime de l’épidémie de peste noire, qui s’est déclarée en Asie dix ans plus tôt. La maladie se répand par l’intermédiaire des puces des rats, lesquels infestent les navires marchands. C'est précisément un bateau génois qui diffuse le mal dans la ville. Quelques mois plus tôt, les Italiens avaient, en effet, fui leur colonie de Crimée, attaquée par des guerriers mongols infectés. Bientôt, la maladie touchera les autres grandes villes françaises, puis l’Allemagne et l’Angleterre… Dès 1349, la quasi-totalité de l’Europe sera infectée. Jusqu’en 1351, la peste noire fera près de 25 millions de victimes en Europe.